Archives 2011


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Horrereau sur le TTN

Ce dimanche 13 février se déroulait la première manche du TTN du coté de Gruissan sur un parcours de 50 kms. Sebastien Horrereau, qui a décidé cette année de faire le maximum pour figurer au mieux dans ce championnat de France de Trail a pris la 8è place juste derrière Emmanuel Gault du team Asics, récemment vainqueur de la Saintélyon. Sylvain Court qui était le grand favori a du déclarer forfait. En effet, le girondin a du se faire opérer des dents de sagesse dans la semaine. Il sera au départ de l'écotrail de Paris au mois de mars.


(13/02/2011)

Dubus, second aux inter de cross

Le stadiste et pistard Eric Dubus n'en n'a pas fini avec les cross. Certes, il aime encore à courir sur la piste, mais cela devient de plus en plus difficile d'éviter les blessures. En revanche, notre athlète rêve toujours d'un titre national sur le cross, et chez les vétérans il y a de la densité et du monde. La course fut très vite emmenée par Dubus et son "vieux" rival Mustapha El Ahmadi. Mais à 1,5 km de l'arrivée notre bordelais commence à coincer et c'est El hamadi qui l'emporte.  La lutte sera très forte lors du dernier tour à savoir les championnats de France dans quinze jours. Espérons que notre Girondin puisse monter sur l'une des marches du podium. Mais il y aura un autre challenger de taille : Dominique Chauvelier

Chez les séniors, un autre girondin l'emporte : Benjamin Malaty. La landaise Marie-Laure Doumergues s'empare de la 3è place chez les féminines. Prochain RDV : le 27 février à Paray le Monial.


(13/02/2011)

Cérémonie des Run d'or et récompenses du TTD

Ce samedi avait lieu à Bouliac, la 9è cérémonie des Run d'Or de courir 33, et la remise des titres du 1er Trail Tour Département de Gironde. Alain Létard, Maître de cérémonie et président du Bouliac Sport Plaisir pouvait encore être fier de ses poulains, puisque Françis Inglès rafle 3 prix (challenge courir33, run d'or et TTD), Frédéric Courèges, Karin Sanson, Sylvain Court, remportent également des runs d'or et des places parmi les challenges ou le classement TTD. Coté TTD, c'est Frédéric Courèges qui empoche le titre, et Jackie Ozanne chez les féminines. Coté athlètes de l'année, on retiendra Mouna Darnif, Sylvie Thevenet, Mickaël gras et Alex Aguiar sur la route, Karin Sanson et Sylvain Court sur le Trail.

Nathalie Wurry

 


(12/02/2011)

Thierry Breuil s'impose au Grand Brassac

Après cinquante jours d'arrêt et seulement trois semaines d'entrainement, le briviste réussit, non sans mal, à s'imposer sur l'extrême trail du Grand Brassac. Les conditions de cette édition étaient idéales, avec une température clémente, un terrain sec et roulant et un beau soleil. Breuil signe un chrono en 3h50, le même que son compagnon de Team Sylvain Court qui l'avait emporté l'an passé dans des conditions dantesques, sur un sol qui ressemblait plus à une patinoire qu'à autre chose. Avec quelques semaines d'entrainement supplémentaires, le briviste aurait sans doute signer un chrono bien meilleur. Chez les féminines, c'est Irène Aubrée qui l'emporte après s'être essayée sur la nocturne l'an passé. Plus de 800 coureurs étaient présents sur les différentes épreuves, près de 300 ont été recalés aux inscriptions, et les participants n'ont pas manqué de souligner la qualité du parcours, toujours plein de surprises et très physique, la justesse du balisage, la gentillesse et l'efficacité des bénévoles, ainsi que l'accueil des habitants qui ont hébergé tout ce petit monde.

L'interview de Thierry Breuil et plein d'autres vidéos et grand reportage dans le prochain numéro de runningmag.

Nathalie Wurry

 

 

 

 

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(06/02/2011)

La gironde domine les Aquitaine de Cross

Ce dimanche avait lieu à Nérac les championnats de cross d'Aquitaine. Le froid était au rendez-vous, mais le sol était bien moins boueux qu'en 2006 où celui-ci se dérobait sous les pieds. Cette fois, pas de difficultés de ce genre, mais un terrain parfois bien collant, tout en relance avec de nombreuses petites côtes qui font de plus en plus mal au fil des tours. Ce sont les girondins qui sortent grands vainqueurs de ces championnats avec Mickaël Gras qui prend sa revanche sur Sébastien Horereau dans la course des séniors. Chez les vétérans masculins belle bagarre à trois entre Alex Aguiar, Pascal Turpin et Eric Dubus. Le suspense a duré jusque dans les derniers hectomètres où Turpin réussit à s'imposer devant Aguiar et Dubus. Un Eric Dubus méritant puisque souffreteux dans la semaine, il aurait hésité à se rendre à Nérac, mais comme chez les Dubus la course est une activité familiale (Adrien, minime prend la 11è place de sa course et Quentin blessé a endossé le rôle de supporter), bien mal lui en a pris puisque nous avons pu assister à une très belle course. Chez les filles, la Gujanaise Mouna Michel (Darnif) s'impose tout comme à Libourne, mais le titre lui échappe (elle est marocaine), c'est donc la Landaise Marie-Laure Dumergues qui empoche le titre. Sur le Cross court, on retrouve la postière Livie Fourès sur la plus haute marche, un beau retour à la compétition et le Talençais Sidney Bailly chez les masculins.

Album photo ici et résultats sur ce lien

 


(30/01/2011)

23/01/11 Aguiar, le roi du Teich !

Et oui, la saison sur toute en Gironde a déjà débuté. Qu'on se le dise ! Quand dans d'autres départements on s'amuse encore au cross et au Trail avec des succès grandissants, notamment du côté de la Haute-Garonne, du côté du Teich, c'est la traditionnelle course sur toute qui ouvre les festivités. Et le succès est aussi au rendez-vous avec pas loin de 400 coureurs sur le 10km et une centaine sur le 5km. Il est vrai que, même sil a fait vraiment frisquet, les parcours sont réputés, là-bas, pour être particulièrement rapides. Ainsi sur la distance reine, c'est une nouvelle fois Francis Inglés, qui mettra le feu aux poudres. Pourtant le vétéran, solide gaillard, Alex Aguiar de Léognan, veillera au grain et s'impose finalement assez largement en 32'44'. Seul à passer sous la barre des 33'. Derrière c'est une histoire de famille entre deux anciens potes de Bouliac. Jérôme Plouviez parvenant à bien revenir sur la fin pour finalement finir troisième à juste deux secondes de Francis. Chez les féminines, guère de surprise par contre. Sylvie Thevenez, la vétérane 2, ne semble pas atteint par le poids des années. Elle signe un beau 38' encore et finit donc largement devant. Carrément dans les vingt premières au scratch. Mais on connait la musique bien sûr ! Sur la petite distance, un peu moins de monde certes, mais on a assisté à une belle bagarre entre deux habitués des victoires. Mohamed Bouquartacha, en 16'13'', s'est montré extrêmement véloce. Il a la grande forme et son chrono parle en sa faveur. Cela vaut facilement moins de 16' dans de bonnes conditions. Sébastien Gros est donc juste derrière à une quinzaine de secondes. Et Hugo Célerier, le jeune junior, prend la dernière marche du podium. A dix secondes encore... marion Diaz, elle, s'impose chez les féminines. Voilà la saison est donc déjà sur les rails en Gironde et donc en Aquitaine...

Photos de Bernard Ballanger


(24/01/2011)

La saison des trails hivernaux commence

Alors qu'il y a encore quelques années, l'hiver était propice au travail foncier, au développement des qualités de vitesse et à la préservation d'un certain rythme biologique où l'on se contentait de participer à quelques cross seulement, force est de constater que le succès du trail et des ultratrails a totalement révolutionné nos pratiques. Désormais, plus de répit. L'hiver, on a le choix entre les trails sur deux jours (nocturne le samedi + épreuve de jour le lendemain) et les trails blancs. Les fabricants de frontales, de vestes goretex, de textiles techniques, de chaines pour chaussures ont de beaux jours devant eux. Le coureur à pied s'est transformé en à peine quelques années en Rambo des sentiers, avec ses booster aux mollets, ses cuissards compressport, ses manchons skins, son bracelet magique power balance, son sac à dos trail, sa frontale, ses bâtons, sans oublier son GPS Garmin ultra performant qui plante tous les organisateurs à l'arrivée sur la distance réelle du parcours. Faut croire qu'ils sont mal équipés eux! N'empêche, ça fait bien envie tout ça, pas sûr que ça nous fasse courir plus vite, mais comme le ski, on aime avoir du beau matos et frimer, et pour justifier l'achat de ce beau matos, ben faut faire des trails, des nocturnes, des ultras et des trails blancs. Le calendrier régional regorge d'épreuves. Au menu, pour commencer ce Week end, le Trail du Pécharmant en Dordogne (10+21 kms) ou la Romeufontaine dans les Pyrénées. Pour ceux que les contrées plus lointaines attirent, il y a le Trail blanc du Sancy le 23, déjà complet avec 900 inscrits. Le 5 et 6 février ce sera le Grand Brassac, presque complet également. Et puis viendra en mars le Trail de l'Aprecôte toujours en Dordogne sur deux jours et le Marensin (2 jours également) dans les landes. Pour les aventuriers, les trails blancs ne manquent pas dans les Alpes. Après tout ça, viendra le temps de rentrer vraiment dans le vif du sujet avec les grands trails et les ultras qui se profilent fin Août. Le Grand Raid des Pyrénées affiche déjà plus de 700 inscrits deux jours après l'ouverture des inscriptions.

 


(13/01/2011)

09/01/11 Laripat s'impose à Orthez !

 Il fallait être courageux en ce début d'année pour aller affronter la pluie et l'humidité du côté de l'Hivernale du Lac d'Orthez. Pourtant comme à son habitude l'épreuve a tout de même fait le plein, à la plus grande joie des organisateurs. Ils étaient en effet 676 en tout à avoir pris un dossard: 418 coureurs et tout le reste de marcheurs. Preuve que les coureurs à pied sont tout de même bien courageux. En tout cas cela nous aura permis de voir les premières foulées de l'année 2011 de garçons de bon talent tels Laurent Traille ou Palengat. Mais c'est bien Eric Laripat qui l'emporte sans souci en 46'18". Et chez les féminines Jocelyne Pauly gagne en 52'31". Bref la saison est belle et bien lancée...

 

Photo Arkom et retrouvez toutes les infos sur le site de l'organisation www.foulees-febus.com


(10/01/2011)

Horereau, en grande forme décidément

Sébastien Horrereau est décidément en grande forme. On l'a vu briller tout  cet automne. Ce dimanche il s'est imposé aux Gironde de Cross devant Lionel Lamy. Chez les vétérans, large victoire du stadiste Eric Dubus. Chez les féminines, Mouna Darnif s'impose devant Marine Etienne et Aurélie Casado. Suite aux régionnaux qui se dérouleront en Dordogne à Nérac.


(10/01/2011)

Week End Trail à Tataouine : Une autre manière de fêter nouvel an

En course à pied, Tunisie rime avec Azdine Ben Yacoub. En effet, l’organisateur de ce premier WET en Tunisie n’est pas novice dans le domaine des organisations de courses dans le désert puisqu’on lui doit le marathon des oasis, le Tozeur trail, ou encore le semi-marathon d’Hammamet. C’est donc tout naturellement qu’Azdine a dit oui à Olivier Gui, son ami de 20 ans (concepteur avec Alain Aubrion des Week end Trail), pour un WET spécial en Tunisie à l’occasion du nouvel an. Une cinquantaine de français ainsi qu’une trentaine de tunisiens se sont donc retrouvés du coté de Tatatouine pour disputer trois épreuves en deux jours : un prologue de 22 kms reliant le petit village de Guermassa au village troglodyte de Douriet puis une nocturne de 9 kms et enfin la spéciale le lendemain de 25 kms. Trois épreuves, trois parcours différents.

Mais, ce week end trail de quatre jours était aussi placé sous le signe de la découverte : découverte de Djerba, l’amour de sa vie pour Azdine. Notre maître de cérémonie nous a bichonnés tout au long de ces quatre jours et nous n’avons pas eu le temps de dire ouf. Car, Azdine, s’il ne court plus trop (c’était un bon athlète il y a une vingtaine d’année, et possède même un record à 2h28 sur marathon), est à fond toute la journée. Il nous a concocté un programme intensif et ultra varié si bien que nous avons l’impression d’être restés une semaine en Tunisie, un air de fractionné en fartlek ! Nous n’avons jamais mangé ou dormi deux fois au même endroit. Notre guide Tahar, nous a raconté la Tunisie et la région de Tataouine avec passion et précision. Nous avons traversé en bus ou en courant des régions magnifiques, avec des champs d’oliviers à perte de vue avant d’arriver dans le désert aride où seuls poussent par ci, par là, quelques oliviers ou dattiers avec un peu de céréales à leur pied.
 
Mais place à la course.
Le prologue fut de toute beauté, très typé trail avec de grosses montées en pierriers et de bonnes descentes techniques, sur un terrain très rocailleux, tout cela dans un décor sublime de Western américain. C’est du trail comme j’aime. Je profite pour faire des photos tout au long du parcours, des vidéos, car je suis surtout là pour ça,  très rapidement je me retrouve avec Jean-Pascal, débutant dans la course à pied mais qui envoie bien, puis Olivier nous rejoint. Nous ferons quasiment les deux tiers du parcours ensemble. L’arrivée sur le village de Douriet, un grand moment de bonheur, j’aurais voulu m’arrêter pour contempler le paysage, mais je suis dans une compétition. On arrive sur un sentier en balcon, quelques rares habitants sont là, les enfants aussi avec leurs bourriquots et les bouteilles d’eau pour nous. A 200m de l’arrivée, Olivier Gui dégaine son appareil photo et mitraille un à un tous les coureurs qui arrivent. On se sent des stars. Puis c’est Alain Aubrion avec sa vidéo et Azdine qui nous accueillent sous l’arche. L’ambiance est intimiste, on a l’impression de former une grande famille, on se sent dans une bulle bien protégée. C’est Dominique Chauvelier qui tire le mieux son épingle du jeu en remportant la première manche. Chez les filles, victoire de Nadine Vito qui devance de quelques secondes la toulousaine Emmanuelle Brothier. Pour ma part, j’ai 10’ de retard sur les deux premières, et 6’ sur la troisième, Annie. Je sais qu’il va falloir tout donner dans la nocturne pour remonter un peu dans le classement. Je me souviens qu’à Saint Pée, j’avais bien tourné dans la nocturne et fait la différence avec ma challengeuse.
Cette nocturne sera un peu folklo, ponctuée de quelques égarements, le traçage au sol n’étant pas assez conséquent. Les signaleurs bien qu’équipés de frontales (pas toujours en état de marche) et de lumières fluorescentes, ne sont pas toujours bien visibles et ont tendance à courir un peu partout, ce qui contribue au jardinage dans les pierres. C’est comme cela qu’après une superbe montée bien rocailleuse et en zig zag sur le plateau au dessus du village, malgré une ultra concentration sur le marquage au sol, je commence à m’égarer avec mes coéquipiers du moment. Alors on s’arrête, puis on fait demi-tour, on repart dans une direction, puis dans une autre, bref on tourne en rond. Petit à petit le groupe grossi, mais on finit par retrouver le bon chemin. Intérieurement, je peste. Un peu plus loin c’est Dominique Chauvelier qui jardine à quatre pattes dans les pierres, une découverte pour lui. De mon coté, satisfaite d’avoir enfin retrouvé le bon chemin, je prends la poudre d’escampette avec un gars, et j’envoie sur un bon rythme, mon objectif est de semer sur cette étape Annie. Au milieu de la course, place à la magie de la nuit : nous traversons un sentier en balcon orné de part et d’autres de petits feux comme des lampions pour nous faire une ola. Les tunisiens nous encouragent de toutes leurs voix, l’émotion est forte. Nous arrivons sur la fin du parcours, et là, grosse hésitation sur une flèche, elle a l’air d’aller sur la droite et ça monte fort, on décide de continuer le sentier en descente, c’était ce qu’il fallait faire. En revanche, le groupe d’Emmanuelle Brothier s’est retrouvé embarqué par un signaleur sur cette montée, une flèche pas bien comprise non plus par ce bénévole semble-t-il. Lorsque nous les apercevons au-dessus de nous, grosse inquiétude, je me demande ce qu’ils font la haut et si nous ne nous sommes pas trompés. Courir à la frontale a vraiment une saveur particulière. Chocho n’arrive que 4è, tandis qu’Emmanuelle Brothier, égarée sur le gros caillou, me passe de justesse à cinquante mètres de l’arrivée. Je suis contente, je suis 13è de cette nocturne m’annonce Monique, un chiffre porte-bonheur me dit-elle (jour de naissance de mon 2è fils, 13 mai 4, 20, 13) j’ai mis 4’ à Annie sur ce coup là, et remonté d’une minute Nadine. Je sais qu’il va falloir faire encore mieux dans la spéciale, et je me dis que la 3è place ou même la 2è est peut-être jouable.
Pour la Spéciale, donc, pas de photos, pas de vidéos. Place à la course. Au coup de sifflet, ça part à fond, Nadine me passe très vite, ainsi qu’Annie. Intérieurement, je me dis qu’Annie se sent menacée et qu’elle prend les devant, va-t-elle tenir ? Tandis que Nadine veut continuer de rivaliser avec Emmanuelle. Mais c’est oublier les jambes de bois que nous avons après deux épreuves et un repas bien arrosé au champagne et au vin rouge. De mon coté, je me suis limitée à un verre de champagne, mais j’ai bien carburé sur le Bordeaux, là, je ne laisse pas mon verre, ni la bouteille à moitié pleine. Mes jambes me rappellent mes excès et mon relatif manque d’entrainement pour cette compétition. Emmanuelle disparait de mon champ de vision dès les premiers mètres, mais j’ai Annie et Nadine en ligne de mire. Annie a l’air bien malgré tout, mais je sens Nadine à la ramasse comme on dit. Je la passe au 7è ou 8è kilomètre et je me dis que je ne dois jamais me retourner. Je dois courir, courir, et courir pour lui prendre 10’, c’est à la fois peu sur 28 kms, mais beaucoup aussi. Est-elle suffisamment à la ramasse ?  Tout d’un coup, vers le 10è kilomètre, je vois Annie qui me dépasse, mais d’où sort-elle, elle était devant moi. Pause technique me répond-t-elle. J’essaie de l’accrocher, mais elle court comme une gazelle. Je l’aurai en ligne de mire jusqu’à la fin, mais j’avoue que j’ai un peu lâché dans les derniers kms. Je dois aussi signaler la manière particulière de courir des tunisiens. En effet, j’ai suivi pendant des kilomètres un 4x4 militaire avec deux coureurs tranquillement assis à l’arrière. Je pensais que c’était des abandons. Mais au ravito du 20è, ne voilà t-il pas qu’ils sortent du véhicule, qu’ils boivent un coup et qu’ils se mettent à courir. Tricherie ?  Cette Spéciale est particulièrement éprouvante : circuit roulant, pas de montagnes à gravir, aucun répit, il faut courir, courir, et encore courir en avalant les faux plats, les cailloux et surtout les quelques passages de sable qui vous cassent bien le rythme. Inutile de dire qu’à la vue du minaret du village, alors que le GPS indique 23 kms, les questions se posent. Est-ce l’arrivée ou pas ? Y a-t-il encore 4, 5 ou 8 kms à faire, car lors du prologue nous en avons fait 4 de plus que prévus. L’arche de l’arrivée se distingue à un kilomètre, chouette, je suis bien contente que ce soit fini. Une fois la ligne passée, je regarde mon chrono défiler en espérant ne pas voir arriver Nadine trop vite. Ah, la voilà, je compte les minutes qu’elle a de retard, mais je crois bien que je suis quand même dedans. Et oui, finalement il m’aura manqué 58’’ pour la battre.  Chez les hommes, c’est encore Chocho qui remporte cette spéciale et donc le WET en 4h26’05 devant Stéphane Fassino et Hervé Folléas. Emmanuelle Brothier fait la différence en creusant l’écart. Elle signe une marque à 5h27’15, devant Annie Delabre, 5h42’10 et Nadine Vito, 5h44’52. Au village de Ras el Oued, la population attend les derniers coureurs pour les accompagner sur les derniers mètres. Un bon repas sera servi sur une terrasse à proximité de l’école du village, puis retour à Djerba avec halte à Tataouine pour goûter les fameuses cornes de gazelles qui en sont la spécialité et parait-il les meilleurs du monde. S’en suivra une belle soirée avec remise de récompenses à Djerba où tout le monde pourra enfin se lâcher, quoique personne ne s’est vraiment privé des bonnes choses à manger et à boire qui ont été proposées par l’organisation tout au long de ce long week end de fête.
Car c’était bien  l’esprit de fête, de partage et de découverte qui a prédominé, même si chacun, une fois sur la ligne de départ a joué la compétition et la performance. Une course à faire et à refaire pour découvrir l’accueil tunisien, le bivouac berbère dans le désert, la nuit dans le site troglodyte, un nouvel an pas comme les autres et la formule Week end Trail sans oublier Azdine.
Dimanche matin, nous repartons les bras chargés d’un panier en osier, avec huile d’olive de la production d’Azdine, et une belle boîte de cornes de Gazelles, qui seront vite avalées par mes trois bouts de choux qui ressemblent plus à de grands ventres.
Retour difficile au travail lundi, la tête est pleine de souvenirs.
Nathalie Wurry
 
Les vidéos :
 
 

 

 


(05/01/2011)

Le 28 novembre 2010

LES PHOTOS DU 20EME MARATHON DE LA ROCHELLE - SERGE VIGOT 2010 (8)


(28/11/2010)

8/11/2010 Courrier Sud au Maroc (Chap. 4 et fin)

« S’il vous plait… dessine moi un mouton… »

Antoine de Saint-Exupéry fit son service militaire à Strasbourg, dans l’armée de l’air. Il apprit alors à piloter et  sa carrière fut ainsi tracée. Il entre ensuite comme pilote dans une société chargée d’acheminer le courrier de Toulouse à Dakar. Il est nommé chef d’escale à Cap Juby, plage de Tarfaya, dans le sud marocain. C’est à cette époque (1929), qu’il écrivit son premier bouquin : « Courrier Sud ». C’est donc ici le trésor : L’as-tu cherché ? Sur cette vague de dune, les bras en croix, les yeux rivés vers le ciel d’un noir d’encre, je scrute la lune et les villages d’étoiles. La voie lactée offre avec netteté ses constellations infinies. Il fait doux. Le bivouac s’éteint peu à peu. Repus, sous chaque tente bédouine, les concurrents du raid, harassés par leur journée d’effort plongent quelques courtes heures dans un sommeil récupérateur. Ici, le silence s’écoute, il suffit de lui tendre l’oreille. Une étoile file, je ferme les yeux, mon imagination déborde, il était revenu. Un enfant se pencha sur moi. Il était apprêté comme un « skieur du désert » et me dit : S’il te plait, « dessine moi un mouton»... L’enfant avait tout juste seize ans, il me dit venir de Chamonix, s’être inscrit sur le raid avec ses amis, une vingtaine de ses semblables, répartis en quatre équipes, tous emportés à leur âge par la curiosité et le besoin de découvrir le monde, de tester leurs limites, de donner le meilleur d’eux-mêmes, de voir ce qu’est l’autre et comment est l’ailleurs. Nos enfants deviennent ainsi des hommes. Au travers du raid, en traversant les contrées sauvages, le Maroc s’offre à eux, différent, surprenant. Un monde différent de celui qu’ils ont jusqu’ici toujours connu. L’équipe pédagogique EPS du lycée Mont Blanc, au Fayet, incite chaque année une poignée d’élèves à s’investir dans un tel projet, de longue haleine. La recherche de sponsors, du financement adéquat, la préparation physique, l’engagement, le voyage dans une contrée inconnue, les efforts à fournir pendant six jours ne les rebutent guère. Certes, certaines équipes peinent au final. L’épreuve est difficile et se mérite. « Fennecs », « Pois chiche », « Scorpions roses ». Parcourir à pied ou en vélo, chaque jour, sur le sol rocailleux et sous un ciel de braise, des distances effarantes pour des gamins de leur âge amène la majorité d’entre eux à pousser leurs limites dans les derniers retranchements. Les enfants se démènent, se dépassent. Méritoires, tous finiront l’épreuve. Les « skieurs du désert », nés sportifs, s’arrachent dans les premières étapes, les courses d’orientation leur conviennent bien et deux d’entre eux s’échappent en bons grimpeurs dans l’unique spéciale VTT de montagne, sur les versants de l’Anti-Atlas. Mille mètres de dénivelé au travers des cailloux, des cactus, de la terre ocre. Vainqueurs d’étape. Etre si jeune,  encore si juvénile et déjà côtoyer les plus grands. Quelques épouvantails dans le désert. Surprenants, impétueux adolescents, les « skieurs du désert » seront craints de tous ceux qui briguèrent jusqu’à la ligne d’arrivée le classement général. Le raid est long. Six jours de spéciales enchainées. Une équipe, cinq coureurs, un seul esprit, commun, solidaire, dévoué au service de ses partenaires, au service de tous. Un état d’esprit que préconisait l’œuvre de Saint-Ex. Tantôt en vélo, tantôt en course à pied, les relais acheminent petit à petit les concurrents d’Agadir à Tarfaya, au sud du Maroc. Quelques six cents kilomètres de pistes à travers le désert. Calés tour à tour derrière les participants, les 4x4, alloués à chaque équipe, suivent, attentifs, bienveillants. Chaque voiture suit son protégé. Il fait chaud. Par les fenêtres, les bouteilles d’eau se tendent, aux uns, aux autres, indépendamment de l’adversité. Tous unis dans l’effort. Boire régulièrement reste une priorité, s’asperger une nécessité. Certes, les différents coureurs sont censés évoluer en autonomie, la marée chaussée organisatrice veille et ne plaisante guère avec la sécurité. Justifié. Les pénalités infligées aux coureurs sans camel-back pleuvent. Il faut savoir rester rigoureux. Les équipes inscrites venues d’Alsace le sont d’ailleurs plus particulièrement, ce n’est pas un cliché. Qui pourrait être plus rigoureux qu’un Alsacien ? Une qualité qui prime dans ce type d’épreuve. De son passage sur la planète Alsace, le Petit Prince nous narra que le raid était né là-bas. Les premières éditions, il y a quinze ans, partaient de Strasbourg, comme le fit à son époque son père Antoine de Saint-Exupéry. « Trotteurs du désert », « Objets retrouvés », « Cigognes de l’Ibal », toutes ces équipes engagées donnent aussi le meilleur d’eux-mêmes. Tous logés dans la même dune. Si l’un voit sa cheville immobilisée et sa course terminer trop tôt, forfait, l’autre a les voûtes plantaires brûlées par l’échauffement du sable. Le dernier est pris au détour de lacets descendants de violentes crampes au terme d’une étape cycliste, une autre équipe se démène avec un chauffeur de tacot déboussolé. D’autres s’effraient vite d’être gagnés par la nuit, perdus en plein désert avant même d’en sortir et de retrouver, sur l’unique route qui longe la côte, le chemin du bivouac. Tous gardèrent le sourire et, au-delà des déboires qui pimentèrent l’épreuve un bon esprit de convivialité. Salamalikoum. Sur la planète Maroc, Les jeunes autochtones, fussent-ils aussi princes du sable, n’évoluent guère plus aisément. Issus de milieux extrêmement défavorisés, principalement des banlieues d’Agadir, de jeunes Marocains sont venus, managés par leur académie, rêvant de briller. Un challenge pour beaucoup d’entre eux. Les meilleurs se verront au terme de l’épreuve dotés par leurs instances et par l’association Cap Juby chapeautée par l’organisation du raid elle-même, de subventions pour poursuivre le sport et les études. Les qualités athlétiques naturelles des Marocains en lice en font de redoutables concurrents, surtout en course à pied. Plusieurs d’entre eux descendent communément sous la barre des trente minutes pour parcourir dix kilomètres. Un avion passe, soulevant à peine quelques volutes de sable. Sur les VTT, leurs équipiers ne déméritent pas. Seule l’orientation à la boussole ou la lecture du road book  sont parfois sources de points d’ombre, abandonnant les athlètes par delà les dunes, les laissant s’évertuer à courir dans tous les sens, aléatoirement, au petit bonheur la chance, pour découvrir une à une les balises requises. Inch’Allah. La communauté marocaine brille d’abord par les regards pétillants de ses enfants bravant les efforts. Si, sur le papier, les Marocains sont les plus forts, les erreurs d’orientation de course commises ne leur permettent pas de creuser de jour en jour un écart irrémédiable au classement général. Le suspense demeure. Les déconvenues ne découragent personne, invitent à l’humilité, à la modestie, au fair-play. Exemplaires. Tout au long du raid, Marocains et Européens se côtoient, s’unissent, échangent, se mettent mutuellement au service les uns des autres. Pour nous autres, occidentaux si souvent imbus de notre personne, la découverte et l’immersion sablonneuse dans une autre culture nous laisse bien souvent pantois, nous invite à réfléchir à nos propres conditions. Ces gens sont fabuleux. Au-delà de leurs qualités sportives, leur gentillesse prime. Et même si, au terme du raid, Yallah ! Yallah ! « Tarfaya » remporte l’épreuve devant « Massera », confirmant une bonne fois pour toutes sur les derniers relais l’hégémonie des équipes locales, si « Sahara » et « Cap Juby » finissent aussi dans la première partie du plateau, la leçon inconsciemment donnée par ces équipes ne résidera pas sur ces seuls faits de course. Belle humanité. It’s a kind of Majid, Magique, Majid! Il y a des gens comme çà, au sein du raid, que l’on ne pourra oublier, tant leur personnalité marque l’aventure, l’entourage, l’équipe. Majid vit en France, à Saintes Marie de la mer, aux confins de la Camargue. Issu de l’immigration marocaine, il a grandi en Gaule, aime la France et son cœur est resté marocain. De toute façon, le regard sur la vie affiché par l’olibrius reste clairvoyant, juste, doté d’une grande philosophie et pour cela, on se fout pas mal des origines. Maniant aussi bien la langue arabe que celle de Pagnol, avec la même verve, le même accent et les mêmes gestes que l’illustre Raimu, notre ami restaurateur, père de trois enfants à quarante quatre ans, a derrière lui plus d’une galère. Inscrit de sa propre initiative seul sur le raid, peu enclin au sport en compétition, Majid est bien plus attiré par l’aventure sur ses terres ancestrales que par le résultat sportif. Qu’importe. L’équipe “Dessine moi un mouton” dans laquelle il fut intégré était ainsi composée de personnalités différentes et éclectiques, mi française, mi marocaine. Par son bilinguisme et son humour décapant, Majid en fédéra les membres, amusant d’abord les uns en français, pliant en deux et en berbère les seconds. L’osmose prit. Pour nos garçons, éblouis autant par la tchatche du meneur d’homme que  par son engagement propre lors des plus grands efforts requis sur le raid, le souvenir de Majid restera impérissable. Celui d’un grand comique qui privilégie le rire à la performance, de la grande Zora promenant son chinchilla au grand Zorro enfourchant son Tornado de vélo, Majid a  amusé unanimement son entourage une semaine durant, les faisant rire jusqu’aux larmes. Qu’importe la gagne, tout ce petit monde s’est bien marré. Le raid, c’est aussi çà, la découverte de gens de valeur qui rendent l’aventure encore plus attachante, plus passionnante, humaine. Pendant la seconde guerre mondiale, Antoine de Saint-Exupéry fut aussi pilote de guerre. Un capitaine aux valeurs humaines incontournables que l’Armée de l’air continue d’encenser, de promulguer, d’enseigner à ses jeunes officiers de réserve. L’équipe des « Aviateurs » fait partie de ceux-là. Cinq jeunes de vingt-deux à vingt cinq ans, tous matheux de formation, des tronches, tous inscrits à l’école de l’air de Salons de Provence. De futurs pilotes de chasse. Un avion passe, le mur du son fait trembler la dune. Au cœur du 4x4, l’esprit d’équipe reste appliqué, discipliné, méthodique, fait corps. Tous unis dans la bagarre. « En visuel, à dix heures, sur la crête, l’arrivée du relais…, j’y cours…» Les cinq gars sont méga-entraînés. Et pour eux, les courses d’orientation restent des jeux d’enfants. Tanguy et Laverdure ne sont pas là pour donner dans la dentelle. L’équipe brille et se distingue, rivalise au classement général avec les Marocains, engrangeant à son tour les points quand leurs adversaires pêchent à la boussole. « Les aviateurs » termineront à Tarfaya sur la troisième marche du podium. Quand, au bout d’une semaine de raid et de bivouacs dans le désert, chaque membre de l’expédition affichait une mine burinée par le soleil, des lèvres gercées et une barbe de huit jours, nos valeureux bidasses se présentèrent à la remise des prix face aux hôtes, édiles de Tarfaya, rasés de près, en uniforme, le calot rivé sur la tête, tirés à quatre épingles. En rang et au garde à vous, ils firent observer une minute de silence à la mémoire des pilotes de l’aéropostale tombés dans l’exercice de leur fonction, remirent au caïd une stèle officielle commémorative que l’on pourra sans doute désormais admirer au musée local de Saint-Exupéry et offrirent aux instances locales des équipements et des vêtements sportifs. Des militaires comme on les aime. Tarfaya, sud du Maroc, ville de lumière, sur les rivages de l’Atlantique. L’aérodrome en bout de plage tant usité pour les escales de l’aéropostale est laissé à l’abandon. Antoine de Saint-Exupéry ici a marqué les esprits. Après six jours de course, le raid Courrier Sud qui commémore l’auteur trouve ici son terme. En apothéose. La ville entière assiste à cet événement. Des athlètes locaux se joignent au dernier relais de la course, d’abord sur la plage, puis symboliquement sur l’aérodrome, et enfin au travers des rues de la ville. Les éclats de lumière sont éblouissants, les couleurs chatoyantes. La population locale, hommes frêles en djellabas, femmes voilées aux robes longues diaprées, enfants aux regards brillants, a envahi les trottoirs. Le cortège final et la caravane passent. Toutes les équipes, encore en lutte défilent intégralement. Pour fêter l’événement au-delà de leur arrivée, une fanfare et des courses d’enfants animent la manifestation. Quel engagement de la part de ces enfants qui traversent leur ville en courant pieds nus, s’arrachant les uns des autres pour terminer en tête, impressionner les gens du raid, ou Olivier d’Agay le neveu d’Antoine de Saint-Exupéry, directeur de la fondation du même nom  rendu expressément sur place pour honorer l’événement.  Ou est-ce  pour avoir la reconnaissance de Monsieur leur gouverneur, spectateur privilégié de toute la manifestation locale. - Attention, Alain pour François ? Oui, François, j’écoute… L’organisation de la douzième édition du raid Courrier Sud est toujours restée à pied d’œuvre, attentive, rassurante, bienveillante, équitable, impartiale. Une aventure humaine qui défie les hommes tout en les rapprochant. Des hommes au service d’autres hommes pour humaniser la planète. Colossale orga. Imaginez le travail que représente la responsabilité de lâcher cent quarante personnes pour la plupart néophytes, issus de mondes si différents, sur les pistes du désert et d’en assurer la sécurité. Des centaines de kilomètres de piste répertoriés en road books, des bivouacs suffisants pour assurer couchage et repas pour chacun, une  équipe dévolue aux balisages, une autre aux chronométrages, une autre encore composée d’un personnel médical, et j’en passe... Le petit Prince vous parlerait de sa rencontre avec la meilleure équipe, celle de François Laurent, de son frère, de ses sœurs, des conjoints, des amis, des conjoints d’amis, de tous ceux qui collaborent, bénévolement, à la réussite du raid. Vivre cette aventure hors normes et adhérer aux valeurs qu’elle distille reste une des plus belles expériences que peut nous réserver la vie. Retenez-le et faites passer. En toute objectivité, vous gagneriez vous aussi à vivre ce raid.

 
Texte de Brice de Singo (bricero@laposte.net)

(09/11/2010)